La grammaire formelle

Le vocabulaire de la forme, déduit du sens. Trois formes pour cent ans.

Les trois formes fondamentales

L'arc

Une courbe ouverte, jamais fermée en cercle. L'arc est la forme du passage et de l'engagement tenu : il relie deux points sans les enfermer. Il gouverne le profil des bagues, la ligne des boucles, la retombée des pendentifs.

Le berceau

Le creux qui reçoit. Une pierre n'est jamais posée sur l'or, elle est accueillie dedans. Le berceau est ouvert par en dessous pour que la lumière traverse. C'est notre signature technique, et elle est invisible de face.

Le point

L'unité minimale. Une pierre seule, très petite, placée à l'endroit exact. Le point est ce qui permet à la Maison d'être grave sans être lourde.

Les proportions

Dans chaque pièce, la matière n'occupe jamais plus des deux tiers du volume perçu. Le vide est un composant, dessiné et mesuré.

Le point

1 à 3 mm

La mesure

6 à 12 mm

La présence

18 à 26 mm

Lumière et surface

Deux états de surface, et deux seulement : un satiné profond obtenu à la main, qui retient la lumière, et un poli réservé exclusivement aux arêtes et aux transitions. La lumière ne vient donc jamais de la face de l'objet : elle vient de ses bords.

Le mouvement

Chaque pièce doit avoir un degré de liberté et un seul : un pendant qui pivote, un anneau qui coulisse d'un millimètre. Le mouvement est ce qui distingue un bijou porté d'un bijou posé.

La matière

Or massif 18 carats exclusivement, dans une teinte unique et propriétaire, légèrement plus pâle et plus chaude que le jaune standard. Jamais de plaqué, jamais de creux, jamais de rhodiage. Les pierres sont choisies pour leur profondeur : diamants légèrement teintés, pierres de couleur en dégradé d'une seule famille, tailles anciennes ou taillées pour la profondeur plutôt que pour le feu.

La face cachée

Sur chaque pièce, un travail que la cliente est seule à connaître : le dos du berceau est ouvert et fini avec le même soin que la face. En retirant la bague et en la regardant à contre-jour, elle voit la lumière traverser la pierre par en dessous. C'est notre apparition conditionnelle. Elle ne sera jamais expliquée en boutique.

Les premières pièces

La pièce d'entrée

Un anneau fin, de section arquée et non ronde, satiné, portant un unique point serti dans un berceau ouvert. C'est l'objet-fondation : le vocabulaire complet de la Maison dans sa plus petite expression possible.

La pièce de transmission

Une bague à berceau visible, pierre de taille ancienne, or massif, dos entièrement ouvert. Elle est conçue pour être remise à quelqu'un. Son écrin doit permettre d'inscrire deux dates.

La pièce quotidienne

Un pendentif de très petite dimension, tenu par une chaîne dont chaque maillon est arqué, avec un unique degré de liberté : il pivote. Il ne montre rien de face. De profil, il laisse passer la lumière.

La pièce longue

Le seul objet en échelle de présence : une manchette ou un bracelet à arc unique, sans pierre, dont toute la valeur tient à la justesse du profil et à la qualité de la charnière. C'est la pièce qui prouvera que la Maison sait travailler sans le secours de la pierre.